Jean-Charles Marchiani et Charles Pasqua, une complicité corse

Haut fonctionnaire français, Jean-Charles Marchiani a effectué ses études à Aix en Provence avant de se lancer dans une carrière à la SDECE (future DGSE). Après cette expérience, il se lance dans le secteur privé, en passant de Peugeot à Air France. Puis, il devient conseiller de Charles Pasqua, devient Préfet sous Jacques Chirac et député européen en 1994 qu’il quittera en 1999 pour ensuite prendre sa retraite. En Corse. Mais pas que.

Un spécialiste des prises d’otages.

Lorsqu’il était à la SDECE, Jean-Charles Marchiani s’est rapproché de Charles Pasqua, un homme de l’ombre influent. Là, il se spécialise dans la négociation des otages français à l’étranger. Son premier fait d’arme publique est la prise des otages au Liban. Alors que deux hauts dignitaires français et un journaliste sont détenus depuis trois ans par l’organisation du Hezbollah, ils sont libérés le 5 mai 1988. C’est Charles Pasqua qui exhorte Jean Charles Marchiani à opérer en sous marin et sous le nom d’Alexandre Stefani. Les résultats se font également sentir dans les échanges politiques entre les deux pays ; la libération des otages permet aux relations diplomatiques et commerciales de reprendre.

Jean Charles Marchiani intervient également dans la libération de pilotes en Bosnie, il permet le bon déroulement d’un détournement d’un vol Air France en partance de Paris.

Mais les négociations les plus marquantes restent probablement celles visant à libérer les sept moines trappistes retenu du côté de Médéa. Sur demande du président Jacques Chirac, il intervient dans le plus grand des secrets puisque seuls deux autres personnes sont au courant : Dominique de Villepin et Jean Luc Delaunay. Mais le Premier ministre de l’époque, Alain Juppé, fait avorter la mission pour contrecarrer le Président. L’échec de la mission conduit à l’assassinat des moines français.

L’homme qui a consacré une partie de sa vie à sauver celle des autres expliquait la dureté de son métier notamment à cause des médias. Lorsque ces derniers s’emparaient des affaires, le prix des otages augmentait et l’opinion publique influait sur le déroulement des négociations. Ainsi, il intervenait dans l’ombre.

La relation entre deux corses

Les deux hommes ont évolué dans les mêmes sphères politiques. Mais c’est probablement leurs origines corses qui les attirent l’un vers l’autre, il est de notoriété publique qu’ils parlent corse lorsqu’ils sont entre eux ou au téléphone afin de se protéger des oreilles indiscrètes. La rencontre a lieu en mai 1968 à l’aube des manifestations. Les deux hommes nouent un lien très fort qui les poussent à collaborer ensemble tout au long de leurs carrières respectives. Jean Charles Marchiani est alors pris au cabinet du ministre Pasqua par deux fois. Les deux hommes lient d’avantage leur collaboration en créant le parti politique « Rassemblement pour la France ». Un parti de droite héritier des mouvements gaullistes. Le parti connaît des turbulences en 2001 quand la gestion par Charles Pasqua est remise en cause. Le parti disparaît définitivement en l’an 2011. Jean Charles Marchiani demeure une figure importante de la politique française. Si son nom est peu connu, il reste l’homme que le gouvernement appelait pour résoudre les cas difficiles qui nécessitaient des actions à l’écart des médias et du public. L’homme des derniers recours.